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Dialogue national en RDC : Lambert Mende défend la primauté du mandat électif et charge sévèrement l’opposition

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September 6, 2026
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Dialogue national en RDC : Lambert Mende défend la primauté du mandat électif et charge sévèrement l’opposition

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Dialogue national en RDC : Lambert Mende défend la primauté du mandat électif et charge sévèrement l’opposition

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Le débat autour du futur dialogue national se durcit en République démocratique du Congo. Invité de l’édition spéciale de TOP CONGO FM, vendredi 4 septembre 2026, Lambert Mende Omalanga a défendu avec vigueur la légitimité du président Félix Tshisekedi et de la majorité parlementaire face aux exigences formulées par certaines composantes de l’opposition. Pour l’ancien porte-parole du gouvernement sous Joseph Kabila, ceux qui ne disposent pas d’un mandat populaire ne peuvent prétendre imposer leurs orientations aux institutions issues des élections.

Député national, membre de l’Union sacrée de la Nation et autorité morale de la Convention des Congolais Unis (CCU), Lambert Mende n’a pas choisi la langue de bois.

Au centre de son intervention : une question fondamentale qui accompagne désormais les préparatifs du dialogue national — qui peut parler au nom du peuple congolais et jusqu’où l’opposition peut-elle conditionner le processus ?

Pour Lambert Mende, la réponse passe d’abord par le suffrage populaire.

« Nous n’avons pas été élus pour trouver des miracles. On a été élus pour mener le peuple vers des solutions. Nous voulons discuter, associer le peuple à ces discussions. »

Selon lui, le président de la République et la majorité disposent d’une légitimité découlant des élections et ne peuvent être placés sous l’autorité politique d’un groupe restreint d’opposants.

« Au nom de quoi ils parlent ? »

Lambert Mende a particulièrement contesté l’idée selon laquelle certains responsables politiques pourraient déterminer à eux seuls les conditions auxquelles le président Tshisekedi devrait se soumettre pour organiser le dialogue.

Dans des propos particulièrement sévères, il estime qu’un « petit noyau » ne disposant pas, selon lui, d’un mandat populaire ne peut décider à la place du chef de l’État et de la majorité.

Il s’interroge ainsi sur la légitimité de ceux qui prétendent remettre en cause les orientations défendues par les institutions issues des élections.

Cette position met en évidence l’un des débats les plus sensibles entourant les futures assises : la légitimité électorale suffit-elle à déterminer les règles du dialogue, ou un véritable dialogue politique nécessite-t-il aussi un consensus avec les acteurs qui contestent précisément le fonctionnement des institutions ?

La question est loin d’être théorique.

Dans toutes les grandes négociations politiques, deux formes de légitimité peuvent se confronter : celle issue des urnes et celle revendiquée par des forces politiques, sociales ou citoyennes qui représentent une partie de l’opinion sans nécessairement détenir la majorité parlementaire.

Dialogue ne signifie pas nécessairement partage des postes

Lambert Mende rejette également l’idée selon laquelle le futur dialogue devrait devenir une négociation destinée à redistribuer les fonctions publiques entre majorité et opposition.

Pour lui, la priorité du moment n’est pas le partage du pouvoir, mais la recherche d’une solution à la guerre qui frappe la partie orientale du pays.

Il s’oppose ainsi à l’idée que les discussions soient ramenées à la question : « Qui doit recevoir quel poste ? »

Ce positionnement rejoint le discours actuel du pouvoir, qui présente le dialogue comme un mécanisme destiné principalement à rechercher un pacte autour de la paix, de la cohésion nationale et de la refondation de l’État.

La question sera cependant de savoir si toutes les parties invitées au processus partageront cette définition.

Constitution : Lambert Mende veut changer le texte, mais « pas maintenant »

Sur la question particulièrement sensible d’une éventuelle modification de la Constitution, Lambert Mende apporte une précision intéressante.

Il ne cache pas être lui-même favorable à une modification constitutionnelle.

Mais, selon lui, ce débat n’est pas actuellement ouvert et ne devrait donc pas être artificiellement placé au centre du dialogue avant même que ses termes aient été définis.

« Moi aussi je veux changer la Constitution, mais le débat n’a pas encore eu lieu. Pourquoi doit-on en parler maintenant ? »

Pour Lambert Mende, l’urgence nationale est ailleurs :

« Aujourd’hui, c’est de mettre fin à la guerre. »

Cette déclaration risque néanmoins d’alimenter les inquiétudes d’une partie de l’opposition, pour laquelle la question constitutionnelle demeure étroitement liée aux garanties politiques entourant le dialogue.

Certains opposants craignent notamment qu’un processus de refondation de l’État puisse ultérieurement ouvrir la porte à des modifications institutionnelles plus importantes.

Lambert Mende estime, lui, que ces débats sont prématurés.

Une attaque particulièrement sévère contre l’opposition

L’ancien ministre est allé encore plus loin en contestant la représentativité d’une opposition qui, selon lui, ne bénéficierait pas suffisamment du soutien populaire.

Son propos a été particulièrement tranchant :

« Si l’opposition n’a pas le soutien de la population, qu’elle se taise ! Elle parle au nom de qui ? »

Lambert Mende a également accusé certains adversaires politiques d’entretenir des proximités avec des intérêts étrangers, évoquant notamment le Rwanda et la Belgique.

De telles accusations sont politiquement lourdes.

Dans le contexte actuel de guerre dans l’Est de la RDC, associer un adversaire politique à une puissance étrangère — particulièrement au Rwanda — dépasse largement une simple confrontation idéologique. Cela touche directement aux questions de patriotisme, de souveraineté et de sécurité nationale.

Ces affirmations doivent donc être comprises comme les accusations politiques de Lambert Mende, et non comme des faits établis indistinctement à l’encontre de l’opposition congolaise.

Mais l’opposition doit-elle nécessairement être élue pour être légitime ?

La sortie de Lambert Mende soulève cependant une interrogation plus profonde.

Dans une démocratie représentative, les élus disposent incontestablement d’une légitimité particulière parce qu’ils ont reçu un mandat des électeurs.

Mais la démocratie ne se limite pas aux détenteurs de fonctions électives.

Les partis d’opposition, la société civile, les syndicats, les organisations religieuses, les associations professionnelles, les mouvements citoyens et d’autres composantes de la société peuvent également participer au débat national sans nécessairement disposer de députés ou de sénateurs.

Autrement dit, le mandat électoral donne le pouvoir de gouverner, mais il ne donne pas nécessairement le monopole de la parole politique.

C’est précisément l’une des difficultés d’un dialogue national : trouver l’équilibre entre la légitimité des institutions élues et la nécessité d’entendre ceux qui contestent leur politique.

Le dialogue devra éviter deux pièges

Le premier serait de considérer que la majorité, parce qu’elle a gagné les élections, peut définir seule les participants, le calendrier, les thèmes et les conclusions.

Dans ce cas, l’opposition pourrait considérer le processus comme une consultation organisée par le pouvoir plutôt que comme un véritable dialogue.

Le second piège serait exactement inverse : permettre à quelques responsables politiques non élus ou minoritaires d’imposer leurs propres conditions à l’ensemble des institutions et de la population.

Entre ces deux extrêmes se trouve probablement le véritable défi du dialogue annoncé par Félix Tshisekedi :

comment construire un processus suffisamment inclusif pour être crédible sans transformer le résultat des élections en simple variable négociable ?

La guerre comme priorité

Sur un point toutefois, les discours de plusieurs camps finissent souvent par se rejoindre : la situation sécuritaire exige des réponses urgentes.

Après des décennies de conflits dans l’Est, de déplacements de populations et de crises régionales, les Congolais attendent probablement beaucoup plus qu’une nouvelle confrontation entre majorité et opposition.

Ils attendent de savoir si le dialogue peut contribuer concrètement à restaurer la paix, renforcer l’État et reconstruire la cohésion nationale.

C’est également sur ce terrain que Lambert Mende veut placer le débat.

Pour lui, la question constitutionnelle, le partage des postes ou les ambitions individuelles doivent passer après l’urgence sécuritaire.

Le véritable juge sera le peuple

Au fond, la controverse ouverte par Lambert Mende dépasse sa confrontation avec l’opposition.

Elle pose une question essentielle à la démocratie congolaise :

qui représente réellement le peuple ?

Ceux qui ont remporté les élections ?

Ceux qui manifestent dans les rues ?

Ceux qui dirigent les principaux partis d’opposition ?

Les organisations de la société civile ?

Les Églises ?

Ou l’ensemble de ces forces, chacune selon sa propre légitimité ?

Probablement qu’aucune de ces composantes ne peut, à elle seule, prétendre incarner les plus de cent millions de Congolais.

C’est justement pour cette raison qu’un dialogue national crédible ne devrait être ni la conférence de la majorité contre l’opposition, ni la négociation de quelques dirigeants politiques au-dessus de la population.

Il devrait permettre aux institutions de conserver leur légitimité tout en donnant aux divergences politiques un espace pacifique où elles peuvent être exprimées.

Car gagner une élection donne le droit et la responsabilité de gouverner.

Mais gouverner dans une période de crise exige parfois aussi de savoir écouter ceux qui n’ont pas voté pour vous.

Et s’opposer au pouvoir donne le droit de critiquer et de proposer une alternative.

Mais cela ne dispense pas non plus l’opposition de démontrer au nom de qui elle parle, ce qu’elle propose et quelle adhésion populaire elle possède réellement.

Voilà peut-être la question que le futur dialogue devra résoudre avant toutes les autres :

comment faire dialoguer la légitimité des urnes avec la légitimité du pluralisme sans que l’une cherche à supprimer l’autre ?

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