Nord-Kivu : après l’échéance américaine de mi-juillet, la société civile de Masisi réclame des sanctions

La lecture utilise l’audio généré lorsqu’il est disponible, sinon la voix intégrée du navigateur.
Rédaction de KazibaOnline.com
La société civile du territoire de Masisi demande aux États-Unis et à leurs partenaires de renforcer la pression sur le Rwanda, après l’expiration de l’échéance de mi-juillet évoquée dans le cadre du processus de paix entre Kinshasa et Kigali.
Selon cette structure citoyenne, aucun retrait significatif des forces rwandaises présentes dans l’Est de la République démocratique du Congo n’a été observé à la date du mercredi 15 juillet 2026. Elle affirme au contraire constater la poursuite des affrontements et le renforcement des positions militaires sur plusieurs lignes de front du Nord-Kivu.
Une population déçue par l’absence de changements sur le terrain
La société civile de Masisi estime que les démarches diplomatiques et les appels à la désescalade n’ont pas encore produit les résultats attendus par les populations affectées par la guerre.
Télesphore Mitondeke, rapporteur général de cette organisation, dénonce le décalage entre les engagements annoncés dans les cadres diplomatiques et la réalité vécue par les habitants des zones de conflit.
« La population constate malheureusement qu’aucune évolution significative n’est intervenue sur le terrain. Elle continue d’assister à des attaques sur différentes lignes de front et à des renforcements de troupes, en lieu et place du retrait attendu », a-t-il déclaré.
Il appelle les médiateurs à réexaminer les stratégies déjà mises en place afin d’obtenir des résultats concrets et rapidement perceptibles dans les territoires touchés par les violences.
Un appel à des mesures plus contraignantes
Pour la société civile de Masisi, les condamnations publiques et les avertissements diplomatiques ne suffisent plus. Elle demande à Washington de procéder à une évaluation immédiate du respect des engagements pris par les différentes parties dans le cadre de sa médiation.
L’organisation plaide notamment pour l’adoption de sanctions ciblées et d’autres mesures contraignantes contre les responsables qui continueraient d’alimenter la guerre ou de faire obstacle à l’application des accords de paix.
Cette demande intervient alors que les États-Unis ont déjà imposé, au cours des derniers mois, plusieurs sanctions contre des responsables militaires et des acteurs armés accusés de contribuer aux violences dans l’Est de la RDC. Washington avait notamment sanctionné les Forces rwandaises de défense et certains de leurs hauts responsables pour leur soutien présumé à l’AFC/M23. Kigali rejette ces accusations et affirme que ses préoccupations sécuritaires sont liées à la présence des FDLR sur le territoire congolais.
La crédibilité de la médiation américaine en question
La société civile considère que les États-Unis, en tant que médiateurs du processus entre la RDC et le Rwanda, doivent désormais démontrer leur capacité à faire respecter les engagements conclus sous leur supervision.
Elle estime que l’absence de conséquences face aux violations présumées risque d’affaiblir la crédibilité de la médiation et d’entretenir le sentiment d’abandon ressenti par les populations de Masisi et d’autres territoires du Nord-Kivu.
Les accords soutenus par Washington prévoient notamment le respect de l’intégrité territoriale de la RDC, la cessation des hostilités, le retrait des forces étrangères et la neutralisation des groupes armés menaçant la sécurité régionale. Leur application reste cependant confrontée à de nombreux obstacles, tandis que les combats se poursuivent malgré les différentes initiatives diplomatiques.
Pour les représentants de la société civile, les prochaines décisions américaines devront donc aller au-delà des déclarations et produire des effets mesurables : arrêt des offensives, retrait des forces étrangères, protection des civils et restauration progressive de l’autorité de l’État dans les zones occupées.
La population de Masisi attend désormais de Washington et des autres partenaires internationaux des mesures capables de transformer les engagements diplomatiques en changements concrets sur le terrain.












