RDC : l’ONU sanctionne Corneille Nangaa, cinq chefs de groupes armés et deux organisations actives dans l’Est

Écouter cet article
RDC : l’ONU sanctionne Corneille Nangaa, cinq chefs de groupes armés et deux organisations actives dans l’Est
Le Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant la République démocratique du Congo a ajouté six personnes et deux organisations à sa liste de sanctions pour leur implication présumée dans les conflits armés et les violences qui déstabilisent l’Est du pays.
Les désignations ont été approuvées le 14 juillet 2026 par le Comité créé en vertu de la résolution 1533, avant d’être officiellement rendues publiques le jeudi 16 juillet. Elles soumettent les personnes et les organisations concernées à un gel de leurs avoirs, à une interdiction de voyager ainsi qu’à un embargo ciblé sur les armes.
Corneille Nangaa parmi les personnes sanctionnées
La figure la plus connue de cette nouvelle liste est Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, et actuel coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo, AFC, une coalition politico-militaire dont fait partie le M23.
Selon les Nations unies, l’AFC/M23 a joué un rôle central dans l’intensification des combats et l’occupation de plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le Rwanda est accusé par l’ONU et plusieurs gouvernements occidentaux de soutenir militairement cette coalition, ce que Kigali continue de nier.
Cinq autres responsables de groupes armés figurent sur la liste :
- Sébastien Uwimbabazi, présenté comme un responsable des Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR ;
- Muhammed Lumisa, associé aux Forces démocratiques alliées, ADF ;
- Charles Sematama, responsable du groupe armé Twirwaneho ;
- John Imani Nzenze, présenté comme chef du renseignement du M23 ;
- Gustave Kubwayo, commandant des FDLR-FOCA.
John Imani Nzenze et Gustave Kubwayo avaient déjà été sanctionnés par les États-Unis pour leur rôle présumé dans la poursuite des violences dans l’Est de la RDC malgré les efforts diplomatiques engagés pour mettre fin au conflit.
L’AFC et Twirwaneho également visés
Deux organisations ont également été inscrites sur la liste : l’Alliance Fleuve Congo et le groupe armé Twirwaneho, actif principalement dans le Sud-Kivu.
Ces groupes sont notamment accusés d’avoir participé à des violences contre les populations civiles, à des déplacements forcés et au recrutement ou à l’utilisation d’enfants dans les conflits armés.
Les sanctions obligent les États membres des Nations unies à geler les avoirs et les ressources économiques appartenant aux personnes et entités désignées. Elles leur imposent également d’empêcher leur entrée ou leur transit sur leur territoire et d’interdire toute fourniture d’armes ou d’assistance militaire à leur profit.
Une nouvelle pression internationale sur les groupes armés
Ces mesures interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements dans l’Est de la RDC, où l’AFC/M23, les FDLR, les ADF et plusieurs autres groupes armés continuent d’être accusés d’exactions contre les populations civiles.
Les Nations unies entendent ainsi accroître la pression sur les responsables considérés comme contribuant à la guerre, aux violations des droits humains et à l’aggravation de la crise humanitaire.
Ces sanctions ne constituent toutefois pas une condamnation pénale prononcée par un tribunal. Elles représentent des mesures restrictives décidées par le Conseil de sécurité. Les personnes accusées de crimes internationaux pourraient, séparément, faire l’objet d’enquêtes ou de poursuites devant les juridictions compétentes.
L’inscription de Corneille Nangaa et de l’Alliance Fleuve Congo sur la liste onusienne renforce néanmoins leur isolement international et pourrait compliquer leurs déplacements, leurs transactions financières ainsi que leurs relations avec d’éventuels partenaires étrangers.












