États-Unis–Iran : Joe Kent appelle Washington à reconnaître l’Iran comme une puissance régionale majeure

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États-Unis–Iran : Joe Kent appelle Washington à reconnaître l’Iran comme une puissance régionale majeure
Washington — Rédaction de KazibaOnline.com
L’ancien directeur du Centre national américain de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, appelle les États-Unis à retirer leurs forces militaires du Moyen-Orient et à reconnaître l’Iran comme une puissance régionale majeure.
Dans un message publié samedi 18 juillet 2026, l’ancien haut responsable du renseignement américain a estimé que la poursuite de la guerre ne permettrait pas à Washington d’obtenir une victoire militaire durable. Selon lui, la priorité devrait être de mettre fin au cycle d’escalade et de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
« La guerre a transformé la région. L’Iran est devenu une puissance régionale majeure. Plus tôt nous reconnaîtrons cette réalité et adapterons notre posture, plus notre position sera forte », a-t-il déclaré.
Cette affirmation représente l’analyse stratégique de Joe Kent. Elle ne constitue pas une reconnaissance officielle de la puissance iranienne par le gouvernement américain.
Les bases américaines considérées comme des vulnérabilités
Pour Joe Kent, les nombreuses bases militaires américaines installées au Moyen-Orient ne renforcent plus nécessairement la sécurité des États-Unis. Il les présente plutôt comme des cibles facilement accessibles pour les missiles et les drones iraniens.
L’ancien responsable propose donc le retrait des soldats, des installations militaires et d’une partie des forces navales américaines présentes dans la région. Selon lui, une telle décision priverait Téhéran de plusieurs cibles et réduirait l’une des principales justifications avancées par l’Iran pour attaquer les intérêts américains et perturber la navigation maritime.
Joe Kent estime que ce retrait ne devrait pas être considéré comme une défaite, mais comme une adaptation stratégique à une nouvelle réalité régionale.
Il propose qu’après ce désengagement, Washington offre à l’Iran un allègement progressif des sanctions en échange du rétablissement de la libre circulation des navires dans le détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz au centre des préoccupations
Le détroit d’Ormuz constitue l’une des voies maritimes les plus importantes au monde. Environ 20 % du pétrole mondial et plus de 20 % du commerce international de gaz naturel liquéfié y transitaient récemment. Toute perturbation prolongée de cette route peut donc provoquer une hausse des prix de l’énergie et fragiliser l’économie mondiale.
Pour Joe Kent, le retour à une circulation normale des pétroliers et des méthaniers devrait constituer la principale priorité économique et diplomatique des États-Unis.
Il considère qu’une poursuite indéfinie des opérations militaires risque non seulement d’augmenter les pertes humaines américaines, mais également de détériorer l’image des États-Unis comme puissance mondiale capable de rétablir la stabilité.
« Dans toute situation chaotique, le camp qui parvient à restaurer l’ordre finit par l’emporter », a-t-il soutenu.
Une démission motivée par son opposition à la guerre
Joe Kent avait quitté la direction du Centre national de lutte contre le terrorisme le 17 mars 2026, en raison de son opposition à la guerre contre l’Iran.
Dans sa lettre de démission, il affirmait ne pas pouvoir soutenir « en toute conscience » le conflit. Il estimait que l’Iran ne représentait pas une menace imminente pour les États-Unis et accusait Israël ainsi que certains groupes d’influence américains d’avoir poussé Washington vers une nouvelle guerre prolongée au Moyen-Orient. Ces accusations avaient été contestées par le président Donald Trump et plusieurs responsables de son administration.
Ancien membre des forces spéciales américaines, Joe Kent a participé à onze déploiements de combat avant de rejoindre la CIA. Son épouse, Shannon Kent, militaire dans la marine américaine, avait été tuée lors d’un attentat en Syrie en 2019.
Depuis son départ de l’administration, il critique régulièrement la stratégie américaine au Moyen-Orient, qu’il compare aux longues interventions militaires menées auparavant en Irak et en Syrie.
Des pertes américaines en augmentation
Les déclarations de Joe Kent interviennent alors que le bilan humain continue de s’alourdir pour les forces américaines. Au 19 juillet 2026, l’armée américaine avait confirmé la mort de 17 militaires depuis le début de la guerre contre l’Iran, le 28 février.
Deux militaires américains ont notamment été tués lors d’une attaque iranienne en Jordanie. Un autre est mort dans le nord de l’Irak pendant la destruction contrôlée des restes d’un drone iranien abattu.
Pour Joe Kent, ces pertes démontrent que la présence militaire américaine dans plusieurs pays de la région expose les soldats et les États partenaires à des représailles iraniennes.
Une proposition qui divise à Washington
L’idée d’un retrait américain du Moyen-Orient demeure profondément controversée.
Ses partisans estiment qu’un désengagement permettrait d’éviter une nouvelle guerre interminable, de protéger les militaires américains et de réduire les dépenses consacrées aux opérations extérieures.
Ses opposants considèrent, au contraire, qu’un retrait affaiblirait les alliances des États-Unis, laisserait davantage d’espace à l’Iran et pourrait être interprété comme une victoire stratégique de Téhéran.
La position de Joe Kent repose sur l’idée que les États-Unis doivent adapter leur stratégie à un équilibre régional profondément modifié par la guerre. Il estime que la puissance américaine ne devrait plus être mesurée uniquement par le nombre de soldats et de bases déployés, mais également par sa capacité à négocier, à protéger les échanges internationaux et à empêcher une escalade destructrice.
Son intervention relance ainsi un débat central à Washington : les États-Unis peuvent-ils défendre leurs intérêts au Moyen-Orient sans maintenir une présence militaire massive et permanente dans la région ?












