Est de la RDC : Paul Kagame rejette les accusations contre Kigali et replace les FDLR au centre de la crise

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Est de la RDC : Paul Kagame rejette les accusations contre Kigali et replace les FDLR au centre de la crise
Kigali — Rédaction de KazibaOnline.com
Le président rwandais Paul Kagame est revenu, vendredi 17 juillet 2026 à Kigali, sur la crise sécuritaire persistante dans l’est de la République démocratique du Congo. Devant les cadres du Front patriotique rwandais, FPR, il a rejeté la responsabilité attribuée à son pays et accusé Kinshasa ainsi que ses partenaires internationaux de ne pas traiter sérieusement la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR.
Dans une intervention particulièrement ferme, le chef de l’État rwandais a abordé les origines du conflit, les négociations régionales, les sanctions américaines et la situation militaire dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, notamment à Minembwe.
Les FDLR présentées comme la principale menace
Pour Paul Kagame, la présence des FDLR sur le territoire congolais demeure la principale cause de l’insécurité entre la RDC et le Rwanda. Ce groupe armé a été fondé par des responsables et des combattants rwandais, dont certains sont liés aux forces ayant participé au génocide contre les Tutsis en 1994.
Le président rwandais affirme que les FDLR se sont progressivement intégrées dans certaines structures militaires, administratives et communautaires de l’est de la RDC. Il accuse également l’armée congolaise d’avoir collaboré avec ce mouvement dans ses opérations contre l’AFC/M23.
Paul Kagame assure avoir personnellement interpellé Félix Tshisekedi sur cette question lors d’une rencontre à Nairobi. Selon sa version, le président congolais aurait reconnu l’existence du problème, sans toutefois engager les actions nécessaires pour démanteler les réseaux des FDLR.
Ces affirmations restent celles du dirigeant rwandais. Kinshasa reconnaît que des collaborations ponctuelles ont existé entre certains éléments des FARDC et les FDLR, mais affirme avoir engagé un processus de désarmement et de neutralisation du mouvement. L’accord de paix conclu sous médiation américaine prévoit parallèlement la neutralisation des FDLR et le désengagement des forces rwandaises présentes dans l’est de la RDC.
Kagame accuse Kinshasa de bloquer les négociations
Le président rwandais a également remis en cause l’engagement du gouvernement congolais dans les différents processus diplomatiques.
Selon lui, les discussions organisées à Doha, Washington, Nairobi et Dar es-Salaam n’ont pas produit les résultats attendus parce que Kinshasa aurait refusé de rompre définitivement ses liens avec les FDLR.
Paul Kagame estime que les efforts internationaux se sont progressivement concentrés sur la neutralisation du M23, alors que l’objectif initial devait, selon lui, traiter simultanément la question de cette rébellion et celle des FDLR.
Il accuse certains partenaires étrangers d’avoir modifié l’équilibre du processus diplomatique sous l’influence d’intérêts politiques qu’il n’a pas clairement identifiés.
De leur côté, la RDC, les États-Unis et les Nations unies accusent le Rwanda d’apporter un soutien militaire déterminant à l’AFC/M23. Kigali rejette cette accusation, malgré les rapports d’experts de l’ONU et les sanctions internationales prises contre plusieurs responsables et organisations associés au conflit. Le Conseil de sécurité a récemment sanctionné des dirigeants de l’AFC/M23 et des FDLR, reconnaissant ainsi la responsabilité de plusieurs groupes armés dans la déstabilisation de la région.
Une réponse ferme aux sanctions américaines
Paul Kagame a également dénoncé les sanctions adoptées par Washington contre des responsables militaires et des intérêts économiques rwandais.
Les États-Unis accusent Kigali de violer les engagements de paix en soutenant l’AFC/M23 et en maintenant des forces sur le territoire congolais. Des responsables militaires rwandais ainsi que des entreprises soupçonnées de participer au commerce de minerais provenant des zones contrôlées par les rebelles ont été visés par des mesures restrictives.
Le dirigeant rwandais considère ces sanctions comme injustes et déséquilibrées. Il reproche à Washington d’exercer une pression importante sur Kigali tout en ne sanctionnant pas suffisamment, selon lui, les liens entre les forces congolaises et les FDLR.
Il a affirmé que le Rwanda ne renoncerait pas aux mesures qu’il considère nécessaires à la protection de sa sécurité nationale tant qu’une réponse durable ne serait pas apportée à la menace représentée par ce groupe armé.
La situation de Minembwe évoquée
Le président rwandais s’est également exprimé sur les combats dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu. Il a dénoncé des frappes de drones qui auraient visé des civils banyamulenge dans la région de Minembwe.
Selon Paul Kagame, lorsqu’il aurait alerté certains partenaires sur ces attaques, il lui aurait été répondu que cette situation ne concernait pas directement le Rwanda.
Les médias proches du gouvernement rwandais rapportent que Kagame considère les violences contre les communautés tutsies congolaises comme une question de sécurité régionale que son pays ne peut ignorer.
Ces accusations relatives aux cibles et aux responsabilités dans les frappes de Minembwe n’ont toutefois pas été confirmées de façon indépendante. Les différents camps engagés dans les combats se rejettent régulièrement la responsabilité des attaques contre les populations civiles.
Deux récits opposés de la crise
L’intervention de Paul Kagame illustre la profonde divergence entre Kigali et Kinshasa sur l’interprétation du conflit.
Pour le Rwanda, la crise résulte principalement de la présence durable des FDLR, de leur idéologie génocidaire et de leur collaboration présumée avec l’armée congolaise. Pour la RDC, elle découle avant tout de l’intervention militaire rwandaise, du soutien apporté à l’AFC/M23 et de l’occupation de certaines parties du territoire national.
Ces deux récits opposés continuent de compliquer les efforts de médiation. Les mécanismes de paix exigent pourtant des engagements parallèles : la RDC doit neutraliser les FDLR et empêcher toute coopération entre ce groupe et ses forces armées, tandis que le Rwanda doit retirer ses troupes et mettre fin à son soutien présumé à l’AFC/M23.
Le discours de Paul Kagame ne laisse entrevoir aucun changement immédiat de la position de Kigali. Le dirigeant rwandais affirme que son pays continuera à défendre ses intérêts sécuritaires tant que la menace des FDLR ne sera pas éliminée.
La poursuite de cette confrontation politique et militaire montre que la paix dans l’est de la RDC dépendra non seulement des accords signés, mais surtout de leur application simultanée, vérifiable et contraignante par toutes les parties.












