Walungu : les groupements de l’axe IFO lancent un cri d’alarme et réclament un accès équitable à l’aide humanitaire

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Walungu : les groupements de l’axe IFO lancent un cri d’alarme et réclament un accès équitable à l’aide humanitaire
Kaziba, mercredi 19 août 2026 — Rédaction de KazibaOnline.com
Dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu, les communautés des groupements de l’axe IFO, dans la Chefferie de Kaziba, lancent un cri d’alarme face à la détérioration de leurs conditions de vie et demandent aux autorités ainsi qu’aux organisations humanitaires de mieux prendre en compte les populations touchées par les conséquences de la guerre.
Selon plusieurs témoignages recueillis localement, les habitants estiment que les interventions humanitaires réalisées dans différentes parties de la Chefferie de Kaziba ne bénéficient pas suffisamment à certaines communautés de l’axe IFO, pourtant confrontées elles aussi à l’insécurité, aux pertes de revenus, aux difficultés alimentaires et à un accès limité aux soins de santé.
Leur appel concerne particulièrement les groupements de Muhumba, Bulubwa, Mulambi, Chiburhi et Ntagereka.
Une crise humanitaire qui touche également Kaziba
La situation dénoncée par les habitants s’inscrit dans une crise humanitaire beaucoup plus large au Sud-Kivu.
En juin 2026, l’organisation DanChurchAid indiquait que le territoire de Walungu figurait parmi les zones fortement affectées par les violences armées et les déplacements de population. Elle signalait particulièrement la situation de Kaziba, où des familles déplacées provenant notamment de Nyangezi et de Kamanyola étaient accueillies par des communautés locales elles-mêmes vulnérables.
Dans le cadre d’un programme mené entre février et mai 2026, DanChurchAid et son partenaire AFEMA indiquaient avoir fourni une assistance financière à 600 ménages, soit 5 739 personnes, dans la Chefferie de Kaziba.
Ces interventions montrent que l’aide humanitaire existe dans la zone. Cependant, elles ne permettent pas d’établir que toutes les communautés affectées sont couvertes de manière suffisante. C’est précisément sur cette question de répartition que les habitants de l’axe IFO interpellent aujourd’hui les organisations concernées.
Muhumba particulièrement touché, selon les communautés locales
Parmi les entités citées, le groupement de Muhumba est présenté par les habitants comme l’un des plus durement éprouvés par l’insécurité.
Selon les informations rapportées localement à KazibaOnline.com, plus de huit personnes auraient perdu la vie dans des incidents liés à la guerre, tandis que plusieurs autres auraient été blessées.
Les mêmes sources signalent que, vendredi dernier, de nouveaux civils auraient été touchés par balles au cours d’un incident sécuritaire.
Ces chiffres et les circonstances précises de ces événements n’ont pas pu être confirmés de manière indépendante par KazibaOnline.com. Ils traduisent néanmoins l’inquiétude exprimée par les communautés face à la persistance de l’insécurité.
La situation sécuritaire reste par ailleurs volatile dans plusieurs parties du territoire de Walungu. Des combats ont encore été signalés les 13 et 14 août dans le groupement de Kaniola, entraînant des déplacements de populations et l’abandon temporaire de plusieurs villages.
« Nous aussi, nous sommes victimes de cette guerre »
Pour les habitants de l’axe IFO, le message adressé aux acteurs humanitaires est simple : les besoins doivent être évalués sur la base de la vulnérabilité réelle des populations et non uniquement selon les zones déjà couvertes par les programmes existants.
Ils demandent notamment aux autorités, aux agences humanitaires nationales et internationales ainsi qu’aux organisations de développement d’effectuer des missions d’évaluation dans les groupements concernés.
Une telle démarche permettrait de déterminer plus précisément le nombre de personnes affectées, les familles déplacées ou accueillant des déplacés, les besoins alimentaires, la situation sanitaire ainsi que les difficultés particulières rencontrées par les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap.
Nourriture, soins et moyens de subsistance parmi les besoins signalés
D’après les témoignages recueillis, plusieurs familles sont confrontées à des difficultés pour satisfaire leurs besoins élémentaires.
Les préoccupations exprimées concernent principalement l’accès à la nourriture, aux médicaments et aux soins médicaux, ainsi que la perte ou la réduction des moyens de subsistance.
La multiplication des déplacements et l’insécurité perturbent également les activités agricoles et commerciales dont dépendent de nombreux ménages.
Cette situation correspond à une tendance plus générale observée dans l’Est de la RDC, où les violences armées compliquent non seulement les déplacements des civils mais aussi l’acheminement de l’assistance. Human Rights Watch alertait déjà en avril 2026 sur les obstacles auxquels font face les opérations humanitaires dans plusieurs zones du Sud-Kivu.
Pour une assistance fondée sur les besoins
Les communautés de l’axe IFO ne demandent donc pas seulement davantage d’aide. Elles réclament surtout une assistance mieux répartie et fondée sur une évaluation transparente des besoins.
Dans un contexte où les ressources humanitaires sont limitées par rapport à l’ampleur de la crise, cette question devient particulièrement importante.
La sélection des bénéficiaires devrait pouvoir s’appuyer sur des critères clairement définis : niveau de vulnérabilité, déplacement, perte de logement ou de revenus, insécurité alimentaire, situation sanitaire et exposition directe aux violences.
Une telle approche contribuerait également à éviter les frustrations et le sentiment d’abandon entre communautés vivant pourtant les conséquences d’une même crise.
Un appel lancé aux autorités et aux organisations humanitaires
Les habitants de Muhumba, Bulubwa, Mulambi, Chiburhi et Ntagereka espèrent désormais que leur appel conduira à des évaluations concrètes sur le terrain.
Ils demandent aux autorités de la Chefferie de Kaziba, aux responsables territoriaux, aux partenaires humanitaires et aux organisations de développement de prendre en considération la situation particulière de l’axe IFO dans la planification de leurs prochaines interventions.
Face à une crise qui continue de fragiliser de nombreuses familles, l’enjeu est de s’assurer que l’assistance parvienne aux personnes les plus vulnérables, indépendamment de leur village ou de leur groupement d’appartenance.
Car dans une situation de guerre, l’aide humanitaire ne devrait pas devenir une source supplémentaire de frustration entre communautés : elle doit rester guidée par l’urgence, l’équité et les besoins réels des victimes.
Par Olivier Habamungu
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