Uvira–Luvungi : le mouvement Machozi ya Raïya dénonce la multiplication des barrières payantes

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Uvira–Luvungi : le mouvement Machozi ya Raïya dénonce la multiplication des barrières payantes
Uvira — Rédaction de KazibaOnline.com
Le mouvement citoyen Machozi ya Raïya tire la sonnette d’alarme sur la multiplication présumée des barrières payantes le long de l’axe routier reliant Uvira à Luvungi, dans la province du Sud-Kivu.
Selon cette organisation citoyenne, au moins treize points de contrôle seraient installés sur ce tronçon. Initialement présentées comme des dispositifs de sécurité, certaines de ces barrières auraient été transformées en lieux de perception informelle, où les voyageurs seraient contraints de verser des sommes variant entre 1 000 et 5 000 francs congolais.
Le mouvement affirme que les montants exigés ne reposeraient sur aucune tarification officielle et varieraient selon les agents ou les personnes présentes aux différents postes.
Des accusations visant certains hommes armés
Machozi ya Raïya attribue certaines de ces pratiques à des éléments présentés comme appartenant à des factions des Wazalendo ainsi qu’à certains membres des Forces armées de la République démocratique du Congo.
Ces accusations n’ont toutefois pas encore été confirmées par une enquête indépendante ni par une communication officielle des autorités militaires ou administratives concernées.
Le mouvement estime néanmoins que la persistance de ces perceptions illégales porte atteinte à la liberté de circulation et aggrave les difficultés économiques des habitants, des commerçants, des transporteurs et des autres usagers de la route.
Des alertes similaires avaient déjà été lancées sur l’axe Bukavu–Uvira. En juin 2026, le coordonnateur de Machozi ya Raïya rapportait que certains voyageurs affirmaient avoir payé jusqu’à 23 000 francs congolais au cours d’un seul trajet, malgré les décisions annoncées pour supprimer les barrières non autorisées.
Une pratique contraire à la mission des postes de contrôle
Pour Machozi ya Raïya, les barrières routières ne devraient servir qu’à la vérification sécuritaire des personnes, des véhicules et des marchandises.
Elles ne devraient en aucun cas devenir des lieux d’extorsion ou de prélèvement sans fondement légal.
L’organisation citoyenne dénonce ce qu’elle considère comme une banalisation progressive des tracasseries routières. Elle rappelle que toute taxe ou redevance publique doit être instituée par les autorités compétentes, clairement affichée et accompagnée d’une preuve officielle de paiement.
Les perceptions effectuées sans quittance, sans base réglementaire ou sous la menace d’hommes armés constituent une grave atteinte aux droits des usagers.
Les autorités appelées à intervenir
Le mouvement demande aux autorités civiles et militaires du territoire d’Uvira ainsi qu’aux responsables provinciaux de diligenter une enquête sur l’ensemble des barrières installées entre Uvira et Luvungi.
Il réclame notamment l’identification des postes officiellement autorisés, la suppression immédiate des barrières illégales et des sanctions contre toute personne impliquée dans des perceptions illicites.
Machozi ya Raïya estime que le silence ou l’inaction des services compétents risque d’être interprété par la population comme une forme de tolérance à l’égard de ces pratiques.
L’organisation invite également les victimes à documenter les incidents, à conserver les preuves disponibles et à signaler les lieux, les montants réclamés ainsi que l’identité ou l’appartenance présumée des personnes impliquées.
Restaurer la confiance sur l’axe Uvira–Luvungi
Dans une région déjà confrontée à l’insécurité, aux déplacements de populations et à la hausse du coût de la vie, la multiplication des paiements informels représente une charge supplémentaire pour les communautés.
La sécurisation des routes demeure indispensable. Elle doit cependant être assurée dans le respect de la loi, de la dignité des voyageurs et de la mission républicaine des forces de défense et de sécurité.
Le mouvement Machozi ya Raïya appelle ainsi les autorités à agir rapidement afin que les points de contrôle redeviennent de véritables outils de protection, et non des espaces de tracasserie ou d’enrichissement individuel.
Un peuple, une histoire












