RDC : la C64 dénonce des violences contre l’opposition et maintient son ultimatum du 15 août

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RDC : la C64 dénonce des violences contre l’opposition et maintient son ultimatum du 15 août
Kinshasa, dimanche 9 août 2026 — Rédaction de KazibaOnline.com
La tension politique reste vive en République démocratique du Congo à quelques jours de l’échéance fixée par la Coalition Article 64, C64. Dans un communiqué publié samedi 8 août à Kinshasa, la plateforme d’opposition a dénoncé plusieurs incidents visant ses membres et réaffirmé que le 15 août 2026 demeure la date butoir avant une éventuelle reprise de ses actions de rue.
La coalition, qui rassemble notamment des forces politiques liées à Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, affirme que des membres de l’opposition ont été pris pour cible lors d’une réunion organisée le 6 août au Camp Luka. Elle dénonce également les événements survenus le lendemain autour du siège de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement, ECiDé, à Kinshasa.
La C64 dénonce un climat d’intimidation
Pour la Coalition Article 64, ces incidents s’inscrivent dans un climat politique qu’elle juge préoccupant pour l’exercice des libertés publiques.
La plateforme estime que les violences, menaces et actes d’intimidation visant des responsables ou militants politiques sont incompatibles avec le pluralisme, l’État de droit et les garanties constitutionnelles accordées aux partis d’opposition.
Concernant l’ECiDé, Martin Fayulu a affirmé que des individus qu’il présente comme des membres présumés de la Force du progrès auraient été aperçus autour du siège de son parti alors qu’une réunion s’y déroulait. La situation aurait provoqué des tensions et perturbé les activités dans le secteur.
À ce stade, cependant, l’identité et l’appartenance exacte des personnes impliquées n’ont pas été établies par une enquête indépendante rendue publique. Aucun bilan précis de blessés, de dégâts ou d’interpellations n’avait non plus été officiellement communiqué immédiatement après l’incident.
Le 15 août reste la ligne rouge
Malgré ces événements, la C64 affirme ne pas modifier sa stratégie.
Elle réitère les positions exprimées dans ses communiqués des 20 et 29 juillet 2026 et maintient le 15 août comme échéance politique majeure. À défaut d’avancées jugées satisfaisantes sur ses principales revendications, la coalition annonce qu’elle procédera à la reprogrammation de sa marche.
Cette échéance avait été retenue après la suspension d’une précédente mobilisation afin de laisser une chance aux démarches en faveur du dialogue national.
L’opposition attend notamment des garanties sur l’organisation de ce dialogue, le respect de l’ordre constitutionnel, les libertés politiques et la situation de plusieurs responsables qu’elle considère comme victimes de mesures arbitraires.
Le 15 août pourrait donc marquer soit la prolongation de la période de décrispation, soit le retour à une stratégie de mobilisation populaire.
Minaku et Shadary : la coalition réclame un procès équitable
Dans son communiqué, la C64 revient également sur le dossier d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary, deux hauts responsables du PPRD dont le dossier a récemment été transféré vers les autorités judiciaires militaires après plus de 200 jours de détention.
La coalition prend acte du fait que les deux personnalités se trouvent désormais dans un lieu de détention officiellement identifié, mais continue de qualifier leur détention antérieure de clandestine et arbitraire.
Elle exige qu’ils soient présentés devant ce qu’elle appelle leur « juge naturel » et qu’ils puissent bénéficier de toutes les garanties liées au droit à un procès équitable.
Cette demande s’inscrit dans la contestation plus large de l’opposition concernant le traitement judiciaire de plusieurs de ses responsables.
La restitution du passeport d’Olivier Kamitatu saluée
La C64 relève toutefois un geste qu’elle considère comme positif : la restitution du passeport d’Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi.
Pour la coalition, cette décision constitue un signal susceptible de contribuer à la décrispation du climat politique. Elle souhaite néanmoins que les mêmes mesures soient appliquées aux autres opposants dont les documents de voyage seraient encore retenus ou dont la liberté de déplacement demeure limitée.
L’opposition estime que de telles décisions peuvent créer les conditions d’un dialogue plus crédible si elles sont accompagnées d’autres mesures concrètes.
Entre décrispation et confrontation
Le communiqué du 8 août illustre la stratégie actuelle de la C64 : maintenir la pression tout en laissant ouverte la possibilité d’un apaisement.
D’un côté, la coalition salue certains gestes, comme la restitution du passeport d’Olivier Kamitatu et le transfert de Minaku et Shadary vers un cadre judiciaire identifiable.
De l’autre, elle affirme que les incidents visant ses activités politiques renforcent ses inquiétudes quant au respect des libertés publiques.
La plateforme réaffirme donc son engagement en faveur de la défense de la Constitution, de l’État de droit et du pluralisme politique, tout en prévenant que l’absence de réponses satisfaisantes entraînera une nouvelle phase de mobilisation.
À moins d’une semaine du 15 août, cette date devient ainsi un véritable test politique. Elle permettra de mesurer si les initiatives de dialogue parviennent à réduire les tensions ou si l’opposition décidera de reprendre la rue pour accentuer la pression sur le pouvoir.
Le compte à rebours est désormais lancé : la C64 maintient son ultimatum, tandis que le climat politique reste suspendu aux décisions qui seront prises dans les prochains jours.












