RDC–Rwanda : l’échéance américaine de mi-juillet passée, la situation reste tendue dans le Sud-Kivu

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RDC–Rwanda : l’échéance américaine de mi-juillet passée, la situation reste tendue dans le Sud-Kivu
Kinshasa, vendredi 15 juillet 2026 — Rédaction de KazibaOnline.com
L’échéance de mi-juillet évoquée par les États-Unis pour constater le début d’un retrait effectif des forces rwandaises de l’est de la République démocratique du Congo est désormais passée. Pourtant, aucun retrait significatif n’a été publiquement confirmé, tandis que la situation sécuritaire demeure particulièrement instable dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.
Au début du mois de juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déclaré devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants que Washington espérait constater, vers la mi-juillet, des progrès dans l’application des engagements relatifs au retrait des forces rwandaises. Cette déclaration a été largement interprétée en RDC comme une échéance fixée au 15 juillet 2026.
Aucun retrait significatif constaté
Selon un rapport récent du Groupe d’experts des Nations unies, les forces rwandaises demeureraient présentes en nombre important au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, sans preuve d’un retrait significatif depuis les engagements de paix conclus sous la médiation américaine.
Les experts de l’ONU affirment également que le Rwanda continue d’exercer une influence déterminante sur l’AFC/M23. Kigali rejette régulièrement ces accusations et nie apporter un soutien militaire au mouvement rebelle.
À Kinshasa, plusieurs responsables politiques appellent désormais Washington à tirer les conséquences du non-respect présumé de cette échéance. Le député national Joseph Nkoy a notamment demandé aux États-Unis de veiller à l’application des engagements pris dans le cadre du processus de paix entre la RDC et le Rwanda.
Une situation militaire toujours volatile au Sud-Kivu
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent dans plusieurs zones du Sud-Kivu, particulièrement dans les hauts et moyens plateaux du territoire de Fizi. Les combats opposent les Forces armées de la RDC et leurs alliés à différentes coalitions armées associées à l’AFC/M23.
Au début du mois de juillet, les autorités locales ont fait état d’attaques de drones et de violents combats dans plusieurs villages de Fizi. Au moins dix-huit personnes auraient été tuées à Mulima, tandis que des infrastructures scolaires et sanitaires auraient également été endommagées. Ces violences ont provoqué de nouveaux déplacements de populations vers Baraka et d’autres centres jugés plus sûrs.
La situation militaire demeure toutefois mouvante et les informations provenant des zones de combat sont parfois contradictoires. Le 7 juillet, les FARDC ont annoncé avoir repris les villages de Kashamata, Wihene et Kimete, près de Minembwe, tout en reconnaissant un repli tactique du secteur appelé « Point Zéro ».
Le vice-gouverneur du Sud-Kivu avait également démenti les rumeurs faisant état de la chute de Baraka, invitant la population à garder son calme. La ville reste néanmoins exposée aux conséquences des combats qui se rapprochent de plusieurs axes du territoire de Fizi.
Les efforts diplomatiques mis à l’épreuve
La persistance des affrontements et le maintien signalé des forces rwandaises dans l’est de la RDC fragilisent les efforts diplomatiques engagés par les États-Unis, le Qatar et d’autres partenaires internationaux.
Les rapports des Nations unies indiquent que les principales parties au conflit continuent de violer les engagements de paix. L’armée congolaise est notamment accusée de maintenir des liens avec les FDLR, tandis que l’AFC/M23 et ses soutiens rwandais sont accusés de conserver leurs positions et de poursuivre leurs objectifs militaires.
Deux jours après l’échéance du 15 juillet, les regards restent donc tournés vers Washington. Les observateurs attendent de savoir si l’administration américaine annoncera de nouvelles pressions diplomatiques, économiques ou individuelles contre les responsables considérés comme faisant obstacle au processus de paix.
Dans ce contexte, le Conseil de sécurité des Nations unies a ajouté, le 16 juillet, plusieurs dirigeants et entités armés actifs dans l’est de la RDC à sa liste de sanctions. Parmi les personnes visées figurent notamment des responsables de l’AFC/M23 et des FDLR. Les mesures comprennent le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et un embargo sur les armes.
L’expiration de l’échéance américaine ne marque donc pas la fin des efforts diplomatiques. Elle ouvre plutôt une nouvelle phase, au cours de laquelle la crédibilité des médiateurs dépendra de leur capacité à obtenir des changements concrets sur le terrain, à protéger les populations civiles et à favoriser un véritable processus de désescalade entre la RDC et le Rwanda.












