Le gouvernement congolais ambitionne de mobiliser 56 930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars, en 2027. Présenté jeudi 29 octobre 2026 à l’Assemblée nationale par la Première ministre Judith Suminwa, le projet de loi de finances repose sur une progression des recettes fiscales, l’activité minière et la modernisation des administrations financières.
L’enveloppe, présentée en équilibre entre recettes et dépenses, augmenterait d’environ 12 % par rapport au budget rectificatif de 2026. Il s’agit, à ce stade, de prévisions gouvernementales soumises à l’examen du Parlement.
Une croissance attendue à 5,8 %, avec une inflation plus élevée
L’exécutif table sur une croissance économique de 5,8 % en 2027, contre 5,6 % en 2026. Le dynamisme du secteur minier et la contribution des activités non extractives doivent soutenir cette trajectoire.
Le cadrage prévoit toutefois une remontée de l’inflation moyenne à 6,4 %, après 3,5 % en 2026. Le gouvernement évoque notamment les prix internationaux de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que les difficultés d’approvisionnement sur le marché intérieur.
Les principales hypothèses pour 2027
| Indicateur | Prévision gouvernementale |
|---|---|
| Budget du pouvoir central | 56 930 milliards FC, soit environ 24,8 milliards USD |
| Croissance du PIB réel | 5,8 % |
| Inflation moyenne | 6,4 % |
| Taux de change moyen | 2 300 FC pour 1 USD |
| PIB nominal | 315 100 milliards FC, soit près de 137 milliards USD |
| Pression fiscale | 12,8 % du PIB |
Les recettes internes au premier rang du financement
Pour le budget général, les recettes internes sont estimées à 41 786 milliards FC, soit près de 82 % des ressources prévues dans ce périmètre. Les recettes courantes atteindraient 40 211 milliards FC, environ 17,5 milliards USD, auxquelles s’ajouteraient des recettes exceptionnelles.
Les ressources extérieures sont évaluées à 9 456 milliards FC, soit approximativement 4,1 milliards USD, en hausse annoncée de 13 % par rapport à 2026. Le gouvernement vise parallèlement une pression fiscale de 12,8 % du PIB, contre 12,5 % pour l’exercice précédent.
TVA, numérique et contrôles : les réformes envisagées
Pour atteindre ces objectifs, l’exécutif entend élargir l’assiette fiscale, améliorer l’identification des contribuables et intensifier la lutte contre la fraude. La modernisation des régies financières, la généralisation de la facture normalisée pour la TVA et le renforcement des contrôles fiscaux et douaniers figurent parmi les leviers annoncés.
Le projet prévoit aussi une actualisation du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et des dispositions relatives à l’impôt sur les sociétés. D’autres mesures fiscales concernent les services numériques fournis par des entreprises non résidentes, les commissions des prestataires de paiement numérique et les jeux d’argent et de hasard. Leur portée définitive dépendra du texte adopté à l’issue du processus législatif.
Des recettes exposées aux risques économiques et sécuritaires
La demande de cuivre et de cobalt, portée par les transitions énergétique et numérique, constitue l’un des soutiens attendus de l’activité. Mais les variations des cours mondiaux, les tensions géopolitiques et les incertitudes commerciales peuvent peser sur les exportations, les importations et les conditions de financement.
L’insécurité, les risques sanitaires, les catastrophes naturelles et les difficultés de gouvernance des entreprises publiques figurent également parmi les facteurs susceptibles de fragiliser les prévisions. L’équilibre présenté dans le projet reste donc tributaire de la mobilisation effective des ressources et de l’exécution des dépenses.
Une ambition fiscale inscrite dans la durée
À moyen terme, le gouvernement vise une pression fiscale moyenne de 13 % du PIB entre 2027 et 2029. Les recettes courantes sont projetées à 46 029 milliards FC en 2028, puis à 52 250 milliards FC en 2029. À l’horizon 2035, l’exécutif ambitionne d’atteindre, voire de dépasser, le niveau de 17 % du PIB qu’il retient comme référence pour l’Afrique subsaharienne.
Selon le calendrier annoncé à l’Assemblée nationale, les groupes parlementaires doivent examiner le projet pendant deux jours avant la poursuite des travaux en plénière. Le défi sera de traduire les objectifs de recettes en moyens effectivement disponibles pour financer l’action publique.
Sources et documents : compte rendu de l’ACP du 29 octobre 2026 et dossier du projet de loi de finances 2027 du ministère du Budget.
Image à la une : illustration générée par intelligence artificielle. Cette scène fictive évoque les finances publiques congolaises et ne représente pas la présentation du budget à l’Assemblée nationale.