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6 novembre 2026
Grands Lacs

OIF : la RDC défend Juliana Lumumba sur fond de menace de retrait rapportée par la presse

À dix jours de l’élection à l’OIF, Kinshasa soutient Juliana Lumumba tandis que la presse rapporte une possible menace de retrait en cas de reconduction de Louise Mushikiwabo.

Rencontre entre responsables politiques dans un cadre diplomatique ; photo d’illustration fournie à la rédaction, date et lieu non précisés.
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Rédaction de Kazibaonline — vendredi 6 novembre 2026

À dix jours de l’élection à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la candidature de Juliana Amato Lumumba place la RDC au centre d’une compétition diplomatique marquée par les tensions avec le Rwanda. Selon des informations de presse, Kinshasa envisagerait un retrait de l’organisation en cas de troisième mandat de Louise Mushikiwabo. Une éventualité à distinguer d’une décision officielle.

Un possible retrait rapporté par la presse

D’après Jeune Afrique, dont les informations sont relayées ce 6 novembre par Cable.cd, les autorités congolaises auraient brandi la possibilité de quitter l’OIF si la secrétaire générale sortante était reconduite. Le média rapporte aussi des réserves exprimées par certaines sources diplomatiques sur la candidature congolaise. Ces appréciations ne préjugent toutefois pas du choix final des États et gouvernements membres.

Une dépêche de l’AFP publiée par Médias24 fait également état, sur la base de sources concordantes, de cette menace de retrait. Elle décrit une campagne où la rivalité entre Kinshasa et Kigali pèse sur les discussions. À ce stade, les informations citées concernent une option diplomatique rapportée par des sources de presse, et non l’annonce officielle d’un retrait congolais.

Juliana Lumumba, une candidature portée par l’État congolais

La RDC a officialisé le 26 février 2026 la candidature de Juliana Amato Lumumba, fille de Patrice Emery Lumumba. Ancienne ministre de la Culture et des Arts, elle a également exercé les fonctions de secrétaire générale de l’Union des chambres africaines de commerce et d’industrie.

Le 19 mars, Félix Tshisekedi l’a présentée aux ambassadeurs francophones accrédités à Kinshasa. Dans son compte rendu de cette réception, la présidence congolaise met en avant son expérience politique et culturelle ainsi que son programme intitulé « Neuf projets neufs pour une Francophonie neuve ».

La campagne défend notamment une organisation plus proche des peuples, attentive à la diversité culturelle et linguistique et aux possibilités offertes par le numérique. Pour Kinshasa, cette candidature doit aussi traduire le poids de la RDC dans l’espace francophone en capacité d’influence au sein de ses institutions.

Une mobilisation diplomatique sur plusieurs continents

Depuis l’annonce de sa candidate, le gouvernement congolais multiplie les démarches auprès de ses partenaires. Le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Crispin Mbadu Phanzu, participe à cette recherche de soutiens, avec des contacts en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord.

Cette mobilisation montre que la campagne dépasse une candidature individuelle. Elle engage la diplomatie congolaise et sa capacité à convaincre d’autres membres de l’OIF autour d’un projet commun. La visibilité politique d’une candidature ne suffit cependant pas à garantir son élection.

Quatre candidatures et une procédure plus formalisée

Quatre personnalités sont en compétition pour le mandat 2027-2030 : Juliana Amato Lumumba pour la RDC, Louise Mushikiwabo pour le Rwanda, Coumba Bâ pour la Mauritanie et Dacian Cioloș pour la Roumanie. La secrétaire générale sortante brigue un troisième mandat.

L’OIF a organisé le 30 juin à Paris une audition formelle des candidats devant les ministres des Affaires étrangères des membres de plein droit, une première dans son histoire. Chaque passage était prévu sur 45 minutes, dont 20 minutes de présentation et 20 minutes de questions-réponses. Cette procédure vise à mieux structurer l’examen des projets avant la décision des chefs d’État et de gouvernement.

Analyse : défendre une candidature sans réduire l’OIF à un duel

La perspective d’une rupture pose une question stratégique pour la RDC : comment défendre ses intérêts tout en conservant sa capacité à peser dans une organisation multilatérale ? Une menace de retrait peut servir à signaler une ligne politique ferme. Sa mise à exécution pourrait aussi priver Kinshasa d’un espace où porter ses positions et nouer des alliances.

La compétition ne se limite d’ailleurs pas aux candidatures congolaise et rwandaise. Elle engage les attentes de l’ensemble des membres sur la gouvernance, les programmes et l’utilité de la Francophonie. Les tensions des Grands Lacs expliquent une partie de la confrontation ; elles ne résument pas les critères de désignation de la direction de l’OIF.

Le 20e Sommet de la Francophonie se tiendra les 15 et 16 novembre à Phnom Penh. L’élection est annoncée pour le 16 novembre, au cours du huis clos des chefs d’État et de gouvernement des 53 membres de plein droit. D’ici là, les soutiens diplomatiques et les négociations restent déterminants.

Pour Kinshasa, le défi sera donc double : convaincre autour du projet de Juliana Lumumba et préparer une stratégie qui préserve les intérêts congolais, quelle que soit l’issue du scrutin.

Photo d’illustration fournie à la rédaction ; date et lieu de prise de vue non précisés.

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