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5 novembre 2026
Nouvelles Nationales

MONUSCO : Kinshasa dit oui, Goma dit non — et un mandat qui risque de rester sur le papier

Le même jour, Kinshasa négociait avec Paris le renouvellement du mandat de la MONUSCO pour protéger les déplacés, pendant qu'à Goma le FRN le rejetait devant James Swan. Deux positions, deux villes, un seul problème : un mandat voté à New York est inapplicable là où ceux qui tiennent le terrain le refusent.

Le président Félix Tshisekedi lors d'une audience à Kinshasa
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Kinshasa, mercredi 4 novembre 2026 — Rédaction de KazibaOnline.com

Kinshasa dit oui. Goma dit non. Et entre les deux, un plan de protection des déplacés qui risque de ne jamais s’appliquer. Le refus du Front pour la refondation de la nation (FRN) de voir la MONUSCO rester ne bloque pas seulement un vote à New York : il bloque tout le dispositif que Kinshasa et Paris sont en train de préparer.

Deux positions, deux villes, une même journée

Le mardi 3 novembre 2026, la ministre d’État congolaise aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a été reçue à Paris par son homologue français Jean-Noël Barrot. Au menu : le prochain mandat de la MONUSCO et la sécurité dans l’Est du pays. Le même jour à Kinshasa, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Shabani Lukoo Jacquemain, présidait des consultations sur le même dossier, pendant que l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, résumait l’attente française : il est « très important » de savoir ce que Kinshasa attend en matière de cessez-le-feu, d’accompagnement du processus de Washington et du protocole sur les FDLR.

À Goma, le message était exactement inverse. Devant une délégation onusienne conduite par James Swan, chef de la MONUSCO, venu rencontrer Joseph Kabila et ses collaborateurs, le vice-président du FRN, Bertrand Bisimwa, a estimé que le renouvellement du mandat « n’est fondé sur aucune base » et qualifié le bilan de la mission, après vingt-huit ans de présence, d’« échec total ».

Deux positions. Deux villes. Une seule question : comment appliquer un mandat à Goma si ceux qui contrôlent la ville le refusent ?

Le vrai blocage n’est pas à New York, il est sur le terrain

Le FRN ne se contente pas d’une déclaration. Il contrôle le terrain à Goma et dans une grande partie du Nord-Kivu. Or une mission des Nations unies, même dotée d’une résolution votée à New York, ne peut ni patrouiller, ni protéger un camp de déplacés, ni escorter un convoi humanitaire si les autorités qui tiennent la zone refusent sa présence.

C’est là que se situe le blocage réel. Kinshasa peut obtenir un texte au Conseil de sécurité. Mais si Goma ferme la porte, le texte reste un texte.

Ce que Kinshasa cherche : un mandat de protection, pas de combat

Kinshasa ne réclame pas une simple présence onusienne, mais un outil. Depuis des mois, la situation dans les camps de déplacés du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri est critique, et le gouvernement n’a pas, seul, les moyens d’en assurer la sécurité.

L’idée défendue avec Paris tient en une ligne : donner à la MONUSCO un mandat clair de protection des civils, et non un mandat de guerre. C’est aussi la raison de l’implication française. Paris porte le dossier au Conseil de sécurité ; sans ce relais, Kinshasa n’a pas le poids diplomatique nécessaire pour obtenir le mandat qu’il souhaite.

Ce que veut vraiment le FRN

Joseph Kabila et son mouvement sont clairs : la solution n’est pas à New York, elle est entre Congolais. Pour le FRN, vingt-huit ans de MONUSCO démontrent qu’une réponse extérieure ne fonctionne pas, et la paix doit naître d’un dialogue direct entre Congolais plutôt que d’une nouvelle résolution onusienne.

Le mouvement a par ailleurs exprimé des réserves sur un éventuel redéploiement de la mission au Sud-Kivu dans le cadre de la vérification du cessez-le-feu issue de Doha, estimant que la zone qu’il contrôle est déjà stable.

La position est aussi politique. En refusant la MONUSCO, le FRN dit en creux : nous sommes un acteur avec qui il faut négocier, pas un groupe que l’on ignore.

Avant le 20 décembre : deux issues, un même perdant

Sur le papier, c’est le Conseil de sécurité qui tranchera avant le 20 décembre 2026, date d’expiration du mandat actuel, prorogé l’an dernier pour un an. Dans les faits, le vote ne règle rien à lui seul.

Si l’ONU vote oui et que le FRN maintient son refus sur le terrain, le mandat sera inapplicable dans les zones sous contrôle rebelle : les déplacés n’y seront pas protégés. Si l’ONU vote non, Kinshasa perd son seul instrument de protection, y compris en Ituri, où le FRN n’est pas présent. Dans les deux cas, ce sont les déplacés qui perdent.

La seule sortie : un accord avant le vote

La vraie question n’est donc plus de savoir s’il faut renouveler la MONUSCO. Elle est de savoir si Kinshasa et le FRN peuvent s’entendre sur la manière de protéger les déplacés — avec ou sans la mission onusienne.

Sans un minimum d’accord entre Kinshasa et Goma avant le 20 décembre, n’importe quel mandat voté à New York restera un mandat de papier.

C’est ce qui donnait son importance à la visite de James Swan à Goma. Il n’y est pas allé pour entendre un non, mais pour vérifier s’il restait une porte ouverte à la négociation. Pour l’instant, cette porte est fermée.

Sources : Actualite.cd, Actualite.cd et Radio Okapi.

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L’auteur de cet article

N J. Ishaka

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