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Le Ghana rapatrie ses citoyens d’Afrique du Sud face aux violences xénophobes

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Le Ghana rapatrie ses citoyens d’Afrique du Sud face aux violences xénophobes

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Accra annonce l’évacuation urgente de 300 ressortissants ghanéens après une nouvelle vague d’attaques et de tensions anti-immigrés en Afrique du Sud.

Le Ghana a annoncé l’évacuation immédiate de 300 de ses citoyens vivant en Afrique du Sud, à la suite d’une nouvelle vague d’attaques xénophobes visant des ressortissants étrangers. La décision a été approuvée par le président ghanéen John Mahama, alors que plusieurs centaines de Ghanéens en situation de détresse ont demandé l’aide des autorités pour rentrer dans leur pays.

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Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a indiqué que les ressortissants concernés s’étaient enregistrés auprès du Haut-Commissariat du Ghana à Pretoria afin d’être secourus et rapatriés.

« Le gouvernement du Ghana continuera de protéger le bien-être de tous les Ghanéens, au pays comme à l’étranger », a écrit Ablakwa mardi sur X.

Cette évacuation intervient dans un contexte d’inquiétude croissante à travers le continent africain, alors que les violences et manifestations anti-immigrés se multiplient en Afrique du Sud. Ces dernières semaines, des protestations contre les étrangers en situation irrégulière se sont propagées dans plusieurs régions du pays. À Johannesburg, des centaines de manifestants ont récemment défilé pour réclamer un durcissement de la politique migratoire et des expulsions massives. Des mobilisations similaires ont également été signalées dans les provinces du Gauteng et du KwaZulu-Natal.

Des groupes anti-immigrés, notamment Operation Dudula, se trouvent au cœur de cette controverse. Un tribunal de Johannesburg avait déjà déclaré illégales et xénophobes certaines pratiques du mouvement dans les espaces publics, interdisant à ses membres de harceler les étrangers, de tenir des discours haineux ou de leur bloquer l’accès aux soins de santé, à l’éducation et au logement.

Ces troubles ravivent un vieux débat en Afrique du Sud, l’économie la plus industrialisée du continent, mais aussi un pays où le chômage dépasse encore les 30 %. Dans ce contexte social tendu, les étrangers sont souvent accusés de prendre les emplois des Sud-Africains, de surcharger les services publics ou d’être impliqués dans la criminalité.

Le 27 avril, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, s’est dit alarmé par les informations faisant état « d’attaques xénophobes, d’actes de harcèlement et d’intimidation » contre des migrants et des ressortissants étrangers dans certaines régions d’Afrique du Sud. Il a rappelé que la solidarité africaine et internationale avait contribué à la chute de l’apartheid, et que les migrants avaient longtemps participé au développement du pays.

Pretoria, de son côté, rejette l’accusation de xénophobie. Vincent Magwenya, porte-parole du président Cyril Ramaphosa, a déclaré la semaine dernière que présenter les Sud-Africains comme xénophobes relevait d’une analyse « paresseuse » des tensions liées à la criminalité, à l’immigration illégale et aux pressions socioéconomiques plus larges. Selon lui, l’Afrique du Sud demeure un pays accueillant, et quelques manifestations isolées ne devraient pas définir l’ensemble de la nation.

Le Ghana n’est pas le seul pays africain à prendre des mesures pour protéger ses ressortissants. Le 3 mai, le Nigeria a annoncé le rapatriement volontaire de 130 de ses citoyens depuis l’Afrique du Sud en réponse aux attaques. Les deux pays ouest-africains ont également convoqué des diplomates sud-africains afin d’exiger une meilleure protection de leurs ressortissants.

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Publié le15 mai 2026
Dernière mise à jour15 mai 2026
Auteur / contributeurJean Marco Banturla
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