L’ONU alerte sur une catastrophe humanitaire majeure au Darfour après des combats meurtriers
Jusqu’à 400 000 personnes ont été déplacées du camp de déplacés de Zamzam, situé dans le nord du Darfour, au Soudan, après que les Forces de soutien rapide (RSF) ont pris le contrôle du site à l’issue d’un assaut de quatre jours, selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations Unies.
D’après les premières estimations, entre 60 000 et 80 000 foyers auraient fui la zone, désormais entre les mains de la force paramilitaire accusée de nombreuses exactions depuis le début du conflit soudanais.
L’attaque, lancée par les RSF et décrite comme particulièrement brutale par le gouvernement et plusieurs ONG, a causé la mort ou blessé plusieurs centaines de civils. Le camp de Zamzam et celui voisin d’Abu Shouk, ainsi que la ville d’al-Fashir, dernier bastion de l’armée régulière dans la région du Darfour, ont été le théâtre de combats intenses les vendredi et samedi précédents.
Le porte-parole de l’ONU a indiqué que plus de 300 civils auraient été tués durant ces affrontements, dont 10 travailleurs humanitaires de l’organisation Relief International, qui opéraient l’un des derniers centres de santé encore fonctionnels dans le camp de Zamzam.
Les groupes de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs semaines, redoutant un massacre si les RSF parvenaient à percer le siège du camp de Zamzam, en proie à la famine. Des images satellites publiées par Maxar Technologies montrent des bâtiments en flammes et de la fumée s’élevant du camp vendredi, rappelant les précédentes attaques des RSF dans la région.
Les RSF ont rejeté ces accusations, affirmant que le camp servait de base aux forces alliées à l’armée régulière. Le camp de Zamzam abritait près d’un demi-million de personnes au début de la guerre, un chiffre qui aurait doublé depuis.
Dans une vidéo diffusée par les RSF, le numéro deux du groupe, Abdelrahim Dagalo, s’adresse à un petit groupe de déplacés, leur promettant nourriture, eau, soins médicaux et un retour rapide dans leurs foyers.
L’assaut sur Zamzam s’est intensifié après que l’armée soudanaise a repris le contrôle de la capitale Khartoum, consolidant ainsi sa domination sur le centre du pays. En parallèle, les RSF ont multiplié les attaques par drones contre des zones contrôlées par l’armée, dont une frappe lundi contre la centrale électrique d’Atbara dans le nord du pays, selon la compagnie nationale d’électricité. Cette attaque a plongé Port-Soudan, capitale de guerre, dans le noir.
Le conflit au Soudan a éclaté en avril 2023 à la suite d’une lutte de pouvoir entre l’armée et les RSF, anéantissant les espoirs de transition vers un régime civil. La guerre a provoqué le déplacement de millions de personnes, dévasté une grande partie du pays et aggravé l’insécurité alimentaire dans de nombreuses régions.
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