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7 novembre 2026
Nouvelles Nationales

« L’armée des infiltrés » : Julien Paluku accuse Joseph Kabila d’avoir noyauté les FARDC

Devant des Congolais de Londres, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku impute à Joseph Kabila l'infiltration des FARDC par le biais du brassage et du mixage des anciens groupes armés. « La véritable armée qu'il a laissée, c'est l'armée des infiltrés », affirme-t-il, citant la défection du général Kamanzi.

Un membre du gouvernement congolais s'exprimant à la tribune
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Londres, vendredi 6 novembre 2026 — Rédaction de KazibaOnline.com

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, accuse l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, d’être à l’origine de l’infiltration des Forces armées de la RDC (FARDC). Selon lui, les opérations de brassage et de mixage des anciens groupes armés, menées sous le régime de son prédécesseur, auraient permis à des éléments restés fidèles à l’ancien chef de l’État d’intégrer l’armée congolaise et d’y conserver leurs réseaux.

S’exprimant lors d’un échange avec des Congolais vivant à Londres, le ministre a établi un lien direct entre ces mécanismes d’intégration militaire et les récentes défections d’officiers supérieurs et de généraux ayant rejoint la rébellion dans l’est du pays.

Le brassage et le mixage mis en cause

Ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku affirme avoir observé, durant son mandat, les limites de cette politique d’intégration des ex-combattants. Il déplore notamment les consignes qui, selon lui, empêchaient parfois les forces gouvernementales de poursuivre leurs opérations contre les groupes rebelles.

Quand j’étais gouverneur, j’observais un peu le brassage, le mixage des troupes. Et tous, on se posait la question. Nous voulons frapper les rebelles, mais on nous appelle : « Non, non, non, n’attaquez pas ! » Pourquoi ? On doit faire le dialogue pour que nous puissions intégrer ces gens dans l’armée. Comme ça, on fait la paix.

Pour le ministre, ces intégrations auraient favorisé la présence, au sein des FARDC, d’éléments dont la loyauté envers les institutions congolaises était discutable.

Le cas du général Kamanzi

À l’appui de sa démonstration, Julien Paluku cite la défection du général Kamanzi, en poste au Kongo-Central, qui aurait rallié la rébellion.

Ce sont des pions que l’ancien président avait infiltrés dans l’armée à travers le brassage et le mixage, qui sont en train de le rejoindre à Goma. Donc, ne croyez pas qu’il y a des éléments des FARDC, comme Julien Paluku ici, qui pouvaient faire défection et aller à Goma. Non, ce sont des éléments qui lui étaient fidèles, qu’il a laissés dans l’armée.

« La véritable armée qu’il a laissée, c’est l’armée des infiltrés »

Le ministre conteste par ailleurs frontalement les déclarations de Joseph Kabila, qui avait affirmé avoir laissé une armée à la RDC au terme de son mandat. Pour le membre du gouvernement, cet héritage militaire constitue au contraire une partie du problème auquel fait face le pouvoir de Félix Tshisekedi.

Parce qu’il a dit dans sa communication : « J’ai laissé une armée à la République du Congo. » Non ! La véritable armée qu’il a laissée, c’est l’armée des infiltrés.

Selon lui, cette situation expliquerait en partie les difficultés opérationnelles des FARDC sur les lignes de front, certains militaires ayant, d’après ses accusations, servi simultanément les intérêts de Kinshasa et ceux des groupes qu’ils étaient censés combattre.

Kabila à la tête du FRN

Ces accusations interviennent dans un contexte de recomposition de la rébellion dans l’est de la RDC. Le 12 octobre 2026, un nouveau mouvement politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation (FRN), a été annoncé à Goma, au Nord-Kivu. Présentée comme le prolongement de l’AFC/M23, cette structure est dirigée par Joseph Kabila.

L’ancien président y est secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, nommés vice-présidents. Sultani Makenga conserve pour sa part le commandement de l’état-major général de la branche armée, avec rang de vice-président.

La création du FRN survient alors que les initiatives diplomatiques engagées à Washington et à Doha, avec l’appui de l’Union africaine, peinent à produire des avancées décisives sur le terrain. Les divergences persistent également entre Kinshasa et différents acteurs politiques autour de la tenue d’un dialogue national consacré à la paix, à la stabilité et à la refondation de la nation.

Un débat relancé sur l’héritage sécuritaire

Les déclarations de Julien Paluku relancent le débat sur l’héritage sécuritaire de Joseph Kabila et sur les conséquences des politiques successives d’intégration des anciens groupes armés au sein des FARDC. À ce jour, l’ancien chef de l’État n’a pas réagi publiquement à ces accusations.

Source : Actualite.cd.

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