Le président burundais Évariste Ndayishimiye a sollicité l’appui militaire de la Russie pour renforcer la protection des institutions de son pays, selon les informations transmises à Kazibaonline. Cette demande a été formulée lors d’un entretien avec Vladimir Poutine, jeudi 29 octobre 2026 au Kremlin, en marge du troisième sommet Russie-Afrique.
Au cœur des échanges : la sécurité du Burundi et les répercussions du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour le dirigeant burundais, les violences qui secouent le pays voisin constituent également une menace pour la stabilité de ses propres institutions.
Une demande de soutien face aux menaces régionales
« Nous avons demandé de l’aide pour la protection de nos institutions », a déclaré Évariste Ndayishimiye à l’issue de la rencontre, d’après le compte rendu transmis à la rédaction. Il a notamment évoqué la proximité de la RDC et la poursuite des hostilités dans sa partie orientale.
Le président burundais accuse les autorités rwandaises de soutenir des groupes armés susceptibles de déstabiliser son pays, notamment les rebelles de RED-Tabara. Le texte transmis évoque aussi ses préoccupations au sujet des mouvements armés actifs dans l’Est congolais. Ces accusations doivent être distinguées des faits établis concernant les modalités précises de ces soutiens.
Moscou met en avant sa coopération sécuritaire avec l’Afrique
Vladimir Poutine a, pour sa part, souligné le rôle de la Russie dans le renforcement de la stabilité intérieure et des capacités de défense des États africains, selon les déclarations rapportées.
La demande burundaise s’inscrit dans une coopération militaire et technique qui comprend, d’après les informations communiquées, la formation de cadres et d’officiers burundais dans des établissements russes ainsi que des échanges d’expériences en matière de sécurité.
À ce stade, le compte rendu ne précise ni la nature d’un éventuel nouvel appui, ni son montant, ni son calendrier. La sollicitation du président burundais ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à l’annonce de livraisons d’armes ou d’un déploiement militaire russe.
Des relations tendues entre le Burundi et le Rwanda
Les accusations de Bujumbura interviennent dans un climat de fortes tensions avec Kigali. Le gouvernement burundais a justifié la fermeture de ses frontières avec le Rwanda par des préoccupations sécuritaires et par le soutien qu’il impute à Kigali envers RED-Tabara.
Le Rwanda accuse, de son côté, le Burundi d’entretenir des alliances transfrontalières hostiles sur le territoire congolais. Les deux pays présentent ainsi des lectures opposées des menaces régionales. Aucune réaction rwandaise spécifique à cet entretien au Kremlin ne figure dans les éléments transmis à la rédaction.
Le conflit congolais au centre des préoccupations
Évariste Ndayishimiye considère que l’instabilité dans l’Est de la RDC peut faciliter l’organisation d’attaques contre le Burundi. Il accuse les responsables rwandais d’utiliser ce conflit pour favoriser des groupes hostiles aux institutions burundaises. Il s’agit de la position défendue par le pouvoir burundais.
Selon le même compte rendu, le président congolais Félix Tshisekedi a également demandé, dans le cadre du sommet, le soutien de la Russie aux efforts de paix et au retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Pour la région des Grands Lacs, ces démarches illustrent le poids croissant des enjeux sécuritaires dans les relations diplomatiques. La portée concrète de la demande burundaise dépendra désormais des engagements qui seront effectivement annoncés et mis en œuvre.
Note de la rédaction : cet article est fondé sur le compte rendu transmis à Kazibaonline. Les déclarations rapportées n’ont pas pu être confrontées ici à une transcription officielle de la rencontre. Photo fournie à la rédaction ; sa date de prise de vue n’est pas établie.