La Cour des comptes fait état d’un excédent de 400,2 milliards de francs congolais pour l’exécution du budget de l’État en 2025. Présenté mardi 27 octobre 2026 à l’Assemblée nationale, son rapport souligne toutefois une mobilisation des recettes inférieure aux prévisions et appelle à renforcer le suivi de la gestion des finances publiques.
Jimmy Munganga Ngwaka, premier président de la Cour des comptes, a exposé les principales conclusions du contrôle devant les députés réunis en plénière sous la présidence d’Aimé Boji Sangara. Cette présentation s’inscrit dans le processus de reddition des comptes du budget du pouvoir central.
Des recettes supérieures aux dépenses payées
Selon les données présentées, les recettes mobilisées ont atteint 41 979,7 milliards FC, contre 41 579,5 milliards FC de dépenses effectivement payées. La différence dégage un solde positif de 400,2 milliards FC, soit environ 177,2 millions de dollars suivant la conversion retenue dans le rapport.
Ce résultat doit être lu avec le niveau d’exécution du budget. Les prévisions retenues s’élevaient à 50 691,8 milliards FC : les recettes réalisées représentent donc 82,8 % des montants attendus. Un solde positif ne signifie ainsi pas que l’ensemble des objectifs de mobilisation des ressources a été atteint.
Un déficit distinct pour le budget général
Le document mentionne également un déficit du budget général équivalant à 0,20 % du produit intérieur brut. Il est présenté comme le plus faible, en proportion du PIB, sur la période 2021-2025.
Cet indicateur concerne le budget général et doit être distingué de l’excédent annoncé sur les recettes et les dépenses de l’ensemble présenté pour le pouvoir central. Les deux chiffres ne décrivent pas le même périmètre budgétaire.
Des ressources extérieures en retrait
Les recettes extérieures constituent l’un des points de vigilance relevés : elles n’ont atteint que 51,8 % des prévisions. Pour les recettes du budget général, le taux de réalisation s’établit à 83,2 %.
Sur le plan macroéconomique, le rapport fait état d’une croissance de 5,8 % en 2025, contre un objectif de 5,3 %, et d’une inflation moyenne de 7 %. Ces indicateurs s’accompagnent donc d’écarts persistants entre les ressources attendues et celles effectivement mobilisées.
Renforcer le suivi des recommandations
La Cour relève aussi une diminution des dépenses exécutées en procédure d’urgence par rapport à 2024, exercice durant lequel elles avaient atteint 5 314,9 milliards FC. Le montant correspondant pour 2025 n’est pas précisé dans les éléments rapportés sur cette présentation.
Jimmy Munganga Ngwaka a plaidé pour un meilleur suivi parlementaire des recommandations de son institution, un dialogue accru avec le Gouvernement et une amélioration de la fiabilité des informations budgétaires et comptables.
La Cour des comptes avait annoncé l’adoption de son rapport le 21 octobre, après des échanges contradictoires avec le Gouvernement. Son examen par les députés doit désormais permettre d’apprécier les écarts d’exécution et de suivre les mesures proposées pour améliorer la gestion des deniers publics.
Sources : 7sur7.cd et communication de la Cour des comptes.