De nouveaux détails publiés par Le Monde exposent les instructions données lors de la finale de la CAN 2025 et placent le retrait du Sénégal au cœur des débats, à quelques jours du verdict du Tribunal arbitral du sport (TAS). Selon le quotidien, Khaled Lemkecher, coordinateur général de la finale, a noté que les joueurs sénégalais étaient retournés aux vestiaires, abandonnant effectivement la rencontre.
Ces révélations proviennent d’une note présentée par Tarik Najm, secrétaire général de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), lors d’une réunion du comité exécutif de la CAF tenue à Dar es Salaam, en Tanzanie, le 13 février. Pendant cette réunion, Olivier Savary, responsable de la commission des arbitres de la CAF, a reconnu que des « instructions institutionnelles » avaient été données à l’arbitre durant l’arrêt de jeu.
L’objectif était d’éviter de nouveaux avertissements aux joueurs sénégalais, qui auraient pu entraîner des expulsions.
Ce détail a son importance. Au moins deux joueurs sénégalais avaient déjà reçu un carton jaune, et un avertissement supplémentaire les aurait contraints à quitter le terrain. Au lieu de cela, la décision a été prise de ne pas sévir, permettant au match de se poursuivre.
Un moment décisif en fin de match
L’action clé survient à la 97e minute. Après un recours à l’assistance vidéo (VAR), l’arbitre accorde un penalty au Maroc. Les joueurs sénégalais réagissent immédiatement et avec force.
Selon le rapport de l’arbitre, les joueurs quittent le terrain sur instruction de l’entraîneur sénégalais Pape Thiaw. Le match est interrompu pendant que les officiels tentent de reprendre le contrôle de la situation.
Les rapports des officiels de match décrivent une scène tendue. Les joueurs protestent, les membres du staff s’en mêlent, et la situation dans les tribunes s’aggrave également. Les équipes de sécurité doivent intervenir alors que des supporters tentent d’envahir la pelouse.
Le Monde souligne également ce qui s’est passé durant cet arrêt de jeu. Selon la note de Najm, des discussions au sein de la CAF ont ensuite confirmé que l’arbitre avait reçu pour instruction de ne pas punir les joueurs sénégalais à leur retour.
L’explication avancée était la nécessité de « préserver le match ». Mais ce choix fait désormais partie du débat plus large sur la gestion de la situation.
Du terrain au prétoire
Le Sénégal finit par revenir sur le terrain, et le match reprend. La rencontre se prolonge en prolongation, où le Sénégal marque et s’impose 1-0 sur le terrain.
Le Maroc conteste rapidement le résultat, arguant que le retrait sénégalais déclenche des sanctions prévues par le règlement de la CAF, notamment les articles 82 et 84.
Ces règles stipulent qu’une équipe qui quitte le terrain sans l’autorisation de l’arbitre peut être déclarée perdante du match. La commission d’appel de la CAF a ensuite adopté cette interprétation et attribué la victoire 3-0 au Maroc. Le Sénégal a rejeté cette décision et saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Une crise plus large autour de la finale
L’enquête du Monde montre que la finale ne s’est pas seulement jouée sur le terrain. Les tensions étaient déjà vives dans les jours précédant le match, avec des différends sur la logistique, l’hébergement et la sécurité.
Ces problèmes ont ajouté de la pression à un match déjà très disputé.
Après la finale, les désaccords se sont poursuivis entre les deux fédérations et au sein même de la CAF. Différents organes sont parvenus à des conclusions différentes, ce qui a ajouté à la confusion et soulevé des questions sur la cohérence des décisions.
Malgré tout ce débat houleux, un point apparaît dans tous les rapports officiels examinés : les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse pendant le match.
Ce moment est désormais au cœur de l’affaire devant le TAS.
Alors que la procédure judiciaire se poursuit, la décision finale dépendra de l’application des règles à cet acte, et non des émotions ou de la controverse entourant le match.
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