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Joseph Kabila n’a pas dénoncé Kagame », il y a « des signes qui ne trompent pas » (Denis Mukwege)

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Joseph Kabila n’a pas dénoncé Kagame », il y a « des signes qui ne trompent pas » (Denis Mukwege)

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Dans un entretien accordé à France 24, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege accuse l’ex-président congolais, Joseph Kabila, qui vient d’annoncer son retour d’exil, d’agir pour le Rwanda, en n’ayant pas dénoncé Kigali comme « agresseur ». Évoquant sa « grande déception » après sa candidature à l’élection présidentielle de 2023, il regrette la corruption d’un pays où « très, très peu de gens peuvent dire ‘non merci’ devant un billet ».

Le discours de Joseph Kabila vis-à-vis de Paul Kagame – avec lequel Kinshasa est en conflit depuis les années 90 – est « clair », estime Denis Mukwege : l’ancien président congolais « n’a pas dénoncé le président rwandais comme agresseur. Il y a des « signes qui ne trompent pas ». Parmi ceux-ci, le fait que Joseph Kabila soit revenu au pays dans la ville de Goma, frontalière avec le Rwanda. “Il est entré par le Rwanda,” note-t-il.

En 1999, Denis Mukwege a fondé l’hôpital Panzi à Bukavu, dans l’est du pays. Des dizaines de milliers de femmes et d’enfants victimes de violences sexuelles y ont été soignés.

La région voisine du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda, a été déstabilisée par la résurgence du M23 depuis fin 2021. Soutenu par Kigali, ce groupe armé s’est finalement emparé de la capitale régionale, Goma, le 26 janvier.

Dans la partie est du pays, l’échec sécuritaire est « cuisant » selon Denis Mukwege, qui dénonce « l’externalisation » de la sécurité congolaise.

« Qu’est-ce qu’on attend pour isoler » le Rwanda ?

Face à l’instabilité frappant les régions orientales du territoire, Kinshasa a fait appel à plusieurs armées africaines, notamment celles de la SADC et de l’Ouganda, dans un contexte de crise régionale complexe impliquant plusieurs pays voisins.

Sur les multiples initiatives de paix – conduites par le Qatar ou encore les États-Unis – il prône une « coordination de toutes ces initiatives » dans le cadre d’une « conférence internationale ».

Au cœur des préoccupations régionales, le spectre d’une guerre ouverte entre la RD Congo et son voisin rwandais.

« Qu’est-ce qu’on attend pour isoler un pays agresseur ? Un pays qui viole le droit international et humanitaire ? », demande Denis Mukwege. En février 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU demandait au Rwanda de retirer immédiatement ses forces du territoire congolais.

Denis Mukwege, enfin, est revenu sur son expérience lors de l’élection présidentielle de 2023.

« Je savais que mon pays était corrompu, mais je ne pouvais pas m’imaginer que la corruption était à ce niveau », confie-t-il. « Très, très peu de gens peuvent dire ‘non merci’ devant un billet de banque », regrette Denis Mukwege.

Malgré une « grande déception » sur le terrain politique, le prix Nobel 2018 demeure engagé pour les « vulnérables, la paix et la justice » : « À chaque fois que mon peuple m’appellera pour ces questions, je répondrai. »


France 24 / MCP, via mediacongo.net

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Publié le28 mai 2025
Dernière mise à jour28 mai 2025
Auteur / contributeurSifa Nshombo

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