
L’ancien président américain révèle les dessous de l’affaire “Crossfire Hurricane”, qu’il qualifie de manipulation politique majeure
L’ancien président américain Donald Trump a ordonné la déclassification complète des dossiers du FBI relatifs à l’enquête baptisée « Crossfire Hurricane », une opération lancée en 2016 par l’agence fédérale pour examiner les liens présumés entre sa campagne présidentielle et la Russie.
Cette décision explosive vise à rendre publiques toutes les informations liées à ce qui est devenu l’une des affaires les plus controversées de la politique américaine récente. Dans un mémorandum publié mardi par la Maison-Blanche, Trump demande au procureur général de mettre immédiatement les documents à disposition du public.
Retour sur l’enquête « Crossfire Hurricane » : une affaire d’État ?
L’enquête Crossfire Hurricane a été déclenchée en juillet 2016 par le FBI, à un moment crucial de la campagne présidentielle, alors que Donald Trump était encore candidat. L’objectif officiel : déterminer s’il existait une collusion entre la campagne Trump et le gouvernement russe, dans le but d’influencer le résultat de l’élection.
L’un des éléments déclencheurs de cette enquête fut le « dossier Steele », un recueil de rumeurs non vérifiées concernant les liens supposés entre Trump et la Russie. Ce dossier controversé a été compilé par Christopher Steele, un ancien agent du renseignement britannique, et aurait été financé par la campagne de Hillary Clinton, principale adversaire de Trump à l’élection de 2016.
Des preuves inexistantes, selon plusieurs enquêtes
L’enquête Crossfire Hurricane a précédé la nomination du procureur spécial Robert Mueller, chargé d’une enquête plus large connue sous le nom de « Russiagate ». En 2019, Mueller a publié un rapport ne trouvant aucune preuve formelle de collusion entre la campagne Trump et Moscou.
En 2023, John Durham, procureur spécial nommé pour examiner les origines de Crossfire Hurricane, a dénoncé de graves défaillances du FBI et du ministère de la Justice. Selon son rapport, les institutions auraient « failli à leur mission » en s’appuyant sur des informations biaisées pour justifier la surveillance de Trump et de son entourage.
Durham a également critiqué un manque flagrant de rigueur analytique de la part du FBI, notamment dans son utilisation d’informations provenant de sources politisées, ce qui soulève des inquiétudes sur l’indépendance de l’appareil judiciaire et sécuritaire américain.
Des écoutes justifiées par des preuves contestables
Il a été révélé que le FBI s’était servi du dossier Steele pour obtenir des autorisations judiciaires permettant de surveiller la campagne Trump. En 2019, Michael Horowitz, l’inspecteur général du ministère de la Justice, a dénoncé des « erreurs fondamentales et graves » dans la procédure d’obtention des mandats de surveillance.
Malgré l’absence de preuves concluantes, les accusations de collusion avec la Russie ont longtemps pesé sur la présidence de Trump, relayées de manière continue dans les grands médias américains, contribuant à affaiblir sa légitimité aux yeux d’une partie de l’opinion publique.
Une affaire relancée en pleine reconquête politique
Dans une vidéo publiée mardi sur Truth Social, Donald Trump a déclaré :
« Tout cela n’était qu’une instrumentalisation politique. C’est une honte… mais maintenant, vous pourrez voir par vous-mêmes ».
S’adressant aux journalistes, il a ajouté :
« Vous n’allez probablement pas prendre la peine de lire ces documents, parce que vous n’aimerez pas ce que vous allez découvrir. »
Il convient de rappeler que Trump avait déjà tenté de déclassifier ces documents à la fin de son premier mandat, sans succès. Selon un rapport de CNN en 2023, un classeur contenant des informations hautement sensibles aurait disparu, alimentant davantage les soupçons de manipulation et de censure.
Vers une nouvelle guerre de l’information ?
La décision de Donald Trump de déclassifier ces documents pourrait raviver les divisions politiques autour de son passage à la présidence et de ses relations avec les services de renseignement. Pour ses partisans, cette démarche représente une quête de vérité et de justice face à un système qu’ils jugent corrompu et politisé. Pour ses détracteurs, il s’agit d’un coup médiatique visant à discréditer ses opposants avant une nouvelle candidature.
Une chose est sûre : les révélations à venir sur Crossfire Hurricane pourraient bouleverser le débat public américain, voire redessiner les contours du rapport entre pouvoir exécutif, médias, et institutions judiciaires aux États-Unis.
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