
Mark Rutte confirme que l’entrée de Kiev dans l’Alliance n’est plus à l’ordre du jour dans les négociations de paix
L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a toujours été un point de discorde majeur entre l’Occident et la Russie. Mais selon Mark Rutte, nouveau secrétaire général de l’Alliance, cette question est désormais hors de propos dans les efforts diplomatiques menés par Washington et Moscou pour mettre fin au conflit en Ukraine.
Lors d’un entretien avec Bloomberg TV vendredi, après sa rencontre avec Donald Trump, Rutte a confirmé que toute discussion sur les garanties de sécurité pour Kiev devra attendre qu’un cessez-le-feu ou un accord de paix soit en place.
“Avant de parler des détails sur la manière de garantir la paix, il faut d’abord avoir un accord. C’est une approche progressive.”
Cette déclaration marque un tournant majeur dans la position officielle de l’OTAN et des États-Unis, qui s’éloignent de la promesse d’une intégration de l’Ukraine dans l’Alliance, une demande de longue date de Kiev.
L’Ukraine Privée de son Rêve Atlantiste
Depuis le début du conflit, l’Ukraine a insisté sur son droit à rejoindre l’OTAN, voyant dans cette adhésion une garantie essentielle pour sa sécurité contre la Russie.
Moscou, de son côté, a toujours considéré les ambitions de Kiev comme une menace existentielle, accusant l’Occident d’utiliser l’Ukraine comme un levier stratégique contre la Russie.
“L’expansion de l’OTAN à l’est a été l’une des causes fondamentales du conflit,” rappelle le Kremlin.
C’est pourquoi la neutralité de l’Ukraine est aujourd’hui présentée comme une condition clé dans tout processus de paix.
Trump Implique Moscou dans les Négociations de Paix
Lors de son interview avec Bloomberg, Rutte a confirmé que Trump avait exclu toute possibilité d’intégration de l’Ukraine à l’OTAN.
“Trump veut une paix durable et crédible,” a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, expliquant que d’autres formes de garanties seraient envisagées pour convaincre Kiev d’accepter un cessez-le-feu.
Toutefois, l’Alliance ne jouera pas de rôle officiel dans la mise en place de ces garanties :
“Il y a plusieurs manières de fournir des garanties de sécurité… Mais une implication directe de l’OTAN serait difficile. L’OTAN pourra peut-être toujours conseiller, mais elle ne sera pas un acteur clé dans ce processus.”
En d’autres termes, Trump semble privilégier une approche bilatérale avec la Russie, plutôt qu’un engagement collectif de l’OTAN, une position qui pourrait redéfinir les rapports de force géopolitiques en Europe.
Des Négociations Accélérées : Un Accord de Paix en 2024 ?
Dans le cadre de ces discussions, Steve Witkoff, émissaire spécial de Trump, a rencontré jeudi le président russe Vladimir Poutine pour faire avancer les négociations de paix.
Witkoff s’est rendu à Moscou afin de transmettre les conclusions des discussions entre les États-Unis et l’Ukraine, qui se sont récemment tenues en Arabie Saoudite.
À l’issue de ces pourparlers, Kiev a accepté une trêve de 30 jours avec la Russie, une première avancée qui pourrait ouvrir la voie à un règlement plus large du conflit.
Bien que les détails de la rencontre entre Poutine et Witkoff n’aient pas été divulgués, le président russe a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il était prêt à discuter de la proposition de cessez-le-feu de Trump.
“Nous sommes ouverts à la discussion, mais nous attendons des garanties solides sur le respect des engagements pris.”
Rutte, optimiste, a conclu son interview en affirmant que “un accord de paix pourrait être conclu d’ici la fin de l’année.”
Une Nouvelle Dynamique Géopolitique
Si les négociations en cours aboutissent, le conflit ukrainien pourrait connaître un tournant décisif, avec plusieurs conséquences majeures :
- L’Ukraine serait contrainte d’abandonner son ambition d’adhésion à l’OTAN, ce qui représenterait une victoire stratégique pour Moscou.
- Les États-Unis, sous Trump, privilégieraient une approche plus pragmatique avec la Russie, contrastant avec la politique de confrontation menée par l’administration Biden.
- L’Europe, et en particulier les pays de l’Est, pourraient voir leur position affaiblie, si Washington décide d’imposer un règlement qui ne passe pas par l’OTAN.
La question qui se pose désormais est de savoir si Zelensky acceptera ces nouvelles conditions ou s’il tentera de s’appuyer sur ses alliés européens pour contrer cette dynamique.
Alors que les grandes puissances redessinent les contours d’un futur accord, une chose est certaine : l’Ukraine est en passe de perdre l’un de ses principaux objectifs stratégiques dans ce conflit.
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