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Rubio répond à l’avertissement de la Chine sur Taïwan
Le secrétaire d’État américain affirme que la politique de Washington reste inchangée, après que Xi Jinping a averti qu’une mauvaise gestion du dossier taïwanais pourrait provoquer un conflit entre les États-Unis et la Chine.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que la politique de Washington à l’égard de Taïwan demeure inchangée, tout en avertissant qu’une tentative de la Chine de modifier le statu quo par la force serait une « terrible erreur ».
Rubio a fait ces remarques vendredi lors d’une interview accordée à NBC News, alors qu’il accompagnait le président Donald Trump dans le cadre de la première visite d’État d’un dirigeant américain en Chine depuis près d’une décennie. Cette visite porte notamment sur la guerre en Iran, les différends commerciaux, la question de Taïwan et la rivalité sino-américaine dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Pendant ce déplacement, le président chinois Xi Jinping a présenté Taïwan comme « la question la plus importante dans les relations sino-américaines ». Il a averti que si les deux puissances ne géraient pas correctement ce dossier, elles pourraient « se heurter, voire entrer en conflit ».
Marco Rubio a toutefois insisté sur le fait que « la politique des États-Unis sur la question de Taïwan est inchangée à ce jour, y compris après la réunion que nous avons eue aujourd’hui ». Il a ajouté : « Nous savons où ils se situent, et je pense qu’ils savent où nous nous situons. »
Interrogé sur l’éventualité d’une prise de contrôle de l’île par Pékin, Rubio a répondu qu’il serait « une terrible erreur » de chercher à imposer cette issue par la force ou par tout autre moyen coercitif. Il a également averti qu’une telle action entraînerait des répercussions mondiales, « pas seulement de la part des États-Unis ».
Dans le même temps, le secrétaire d’État américain a reconnu que la Chine préférerait, dans un scénario idéal pour Pékin, voir Taïwan rejoindre volontairement la Chine continentale, par exemple à travers « un vote ou un référendum ».
Rubio a aussi rappelé que les États-Unis maintiennent leur principe d’« ambiguïté stratégique » sur Taïwan. Cette politique, suivie depuis plusieurs décennies, consiste à ne pas préciser clairement si Washington interviendrait militairement pour défendre l’île en cas d’attaque. Selon lui, cette approche a été maintenue sous plusieurs administrations présidentielles et « reste cohérente aujourd’hui ».
Concernant les ventes d’armes américaines à Taïwan, Rubio a affirmé que ce sujet n’avait pas occupé une place centrale dans les discussions entre les États-Unis et la Chine. Il a ajouté que toute décision sur de futures livraisons dépendrait en grande partie du Congrès américain.
La Chine considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire souverain, une position reconnue par la grande majorité des pays, y compris la Russie. Les États-Unis reconnaissent également la politique d’une seule Chine défendue par Pékin, tout en maintenant des liens solides avec l’île autonome.
En 2022, Xi Jinping avait déclaré que Pékin privilégiait une réunification pacifique avec Taïwan, tout en refusant d’exclure le recours à la force.

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